Il y a 2-3 ans de ça,  j’ai soudainement vu une annonce sur Kijiji: “Vieil orgue Yamaha à vendre (vient avec synthétiseur Roland)”. Je regarde la photo: il y a ça sur le dessus d’un vieil orgue poche des années 70s.

Finalement je me pointes, et le gars aurait bien aimé que je prennes l’orgue mais il me le fait 20$. Dans un élan de WTF, je lui en donne 50. Bizarre de move mais en tous cas.

Je me retrouve avec ce qui se trouve être un vieux clavier analogue dont l’origine remonte à 1973. Nice!!!!!

Mais les touches répondent mal. Fuck. Alors c’est le temps de l’ouvrir!

J’enlève les notes une à une et je les nettoie avec un Q-tip et un kleenex. C’est plein de truc gommant jaune-brun. Ouache. En chemin, je brise un contact. Zut.

Néanmoins, après des heures de nettoyage, maintenant toutes les touches répondent… mieux.

Time for the action!

Comme vous pouvez voir, il y a plein de touches avec des couleurs à la mode dans les années 70s sur le devant. Ça c’est parce que le SH-2000 est un clavier avec des “presets”. Parmi les choix: Tuba, Trombone, Hawaiian Guitar, Piano, etc.

Voici un exemple. En ordre: Trompette, Haut-bois, Violon et Banjo.

Maintenant qu’on a établi que ça sonne pas pareil pantoute à ce qui est écrit, on peut commencer à s’amuser.

Le premier truc qui m’a accroché c’est qu’il y a un “aftertouch” sur le clavier. Un aftertouch c’est un bidule qui fait que si je pèse plus fort une fois la note déjà enfoncée, ca peut faire des trucs comme jouer plus fort ou faire un vibrato. Dans le bout du violon que j’ai enregistré, on l’entend. Ça donne un effet du genre Vangelis. Mais en plus cheap.

Parmi les autres features, on a un super-filtre (c’est ca qui fait pssshhhiiiouuu), de la modulation, un portamento pour lier les notes ensemble et aussi un générateur de notes random! Ça c’est nice!

Voici en ordre les settings Song Whistle, Frogman, Funny Cat et Wind, accompagné de ces divers settings.

Je n’utilises pas principalement ce clavier tout le temps. Mais il a son super vintage qui fait que je le sors de temps en temps. Entre autres, c’est le lead principal dans toute ma toune Lost In Heaven. Je l’ai aussi utilisé à maintes reprises sur la trame sonore de “Hydres”, par Guillaume Adjutor Provost.

À cause de l’histoire de la trouvaille, du fait que c’est un des plus vieux claviers analogues vendus à des consommateurs qui existe et de la sonorité particulièrement vintage, j’ai comme un attachement à ce clavier là, et je ne m’en débarasserai pas tant qu’il va toffer!

En se quittant, un dernier démo pas mal amusant fait par un dude quelconque. Bye!

Ce soir, cours 101 de mixage.

Vu que je suis la tête plongée dans le mixage de mon prochain album, j’avais envie de partager comment c’est fait le mixage… ou comment je fais.

Bon, avant tout, un peu de théorie. Moi je trouve que le mixage c’est comme faire une peinture virtuelle. Illustrons avec une peinture toute simple.

Shit. Mauvais exemple.

On recommence:

Bon…

Ok mettons qu’on enlève la peinture maintenant.

Ca représente à peu près ce qu’est le cadre de travail de mixage. À l’horizontal, on a le panning (ce qui décide si un élément est à gauche ou à droite). À la verticale, on a les fréquences (les basses, les mids et les highs). En général, c’est bien d’essayer de séparer la peinture en 9 comme ça et d’essayer de balancer le tout, mais honnêtement je mets pas full de trucs dans les deux coins du bas. Et il m’arrive de briser les règles, mais ça c’est parce que je suis un génie tsé. (Voir “We Are The Sky” ou j’ai mis la basse à gauche à un moment donné, et “Parvis” qui contient des guitares pannées à droites).

En gros le mixage consiste à s’arranger que pour les pistes puissent être entendues séparément tout en contribuant au son global. Pas facile. Si on met tout à la même place… ben c’est encore comme une peinture: quand on fout plein de couleurs à la même place, ça donne du brun.

Ça peut être cool desfois. J’aime pas mal les trucs lo-fi entre autres parce que l’image sonore est différente de notre habitude. Mais de là à ce que le mix de mes trucs ressemble à une peinture de Jason Pollock? Mmm….

Trois outils sont couramment utilisés: le compresseur, l’EQ et le reverb. Le reverb, c’est un peu comme si on prenait la peinture et qu’on décidait de placer des objets en arrière ou en avant. Effet de prodondeur. C’est à ça que ça sert.

Le compresseur, ça égalise les volumes. C’est ça qui fait que quand on crie ça sonne aussi fort que quand on chuchote. Bien pratique, parce que y’a pas beaucoup d’instruments qui jouent de façon vraiment égale, ce qui peut débalancer le mix à tout moment. Et ça on aime pas ça. Mais ça dépend du style de musique.

Une fois, que j’ai un mix que je trouve satisfaisant sur mon poste d’écoute, c’est le moment où je fais le test sur d’autres systèmes. Je me grave un CD et je pars l’écouter ailleurs. Souvent, je me vais l’écouter dans mon char. Et je reviens corriger des trucs. Et je recommence encore et encore.

Un autre truc incroyable pour mixer: dormir. C’est fou comment on peut avoir un point de vue différent sur ce qu’on fait après une nuit de sommeil. Souvent, après une première écoute de la journée on décèle plein d’erreurs nouvelles. Best truc ever.

Faque comme j’ai mixé toute la journée, ben je vais aller me coucher tantôt pour voir si c’est de la merde ce que j’ai fait.

Bonne nuit!

Le ukulélé est l’instrument à cordes le plus hot sur terre.

10 raisons d’avoir un ukulélé:

  • C’est tellement facile à transporter.
  • On peut jouer en voiture (quand on est pas le chauffeur).
  • Super facile à apprendre.
  • Avec 4 cordes on a quand même accès à toutes les variations harmoniques importantes (bon ok si vous voulez faire un accord avec une 13e avec toutes les notes en dessous, BEN RETOURNEZ DONC JOUER DU PIANO HEIN)
Ok je suis pas rendu à 10, mais ça va venir…

Étonnamment, je n’ai pas utilisé tant que ça le ukulélé sur mes albums. Mais il y a quand même cet inoubliable chef-d’oeuvre, d’abord appellé Concerto pour ukulele No1, Mouvement 1 (Allegro) dans son titre de travail, mais publié sur le nom plus convenable de Song.
Ah et j’y penses:
  • Le ukulélé permet d’avoir une approche différente quand on compose, surtout si on est tanné de jouer la guitare.
De belles chansons ont été composées sur un ukulélé dans la vie. Par exemple, Something des Beatles, parce que Georges était un fan fini du ukulélé. D’ailleurs, ca me fait penser…
  • On peut jouer assez facilement Something au ukulélé
  • “Ukulélé” c’est un drôle de mot et ça fait penser à Hawaii, car c’est le même genre de mot que “Honolulu”.
Mon ukulélé est de la marque Oscar Schmidt. Mais je m’en fous un peu, je suis juste arrivé dans le magasin et je voulais le plus cher. Parce que…
  • Ce n’est pas trop cher un ukulélé.
Mais les ukulélé trop cheaps ça ne reste pas tuné.

Parlant de tuning, les plus musiciens d’entre vous savent peut-être que les notes s’accordent ainsi: Sol, Do, Mi, La. Il m’a été rapporté que certains vendeurs douteux de chez certains magasins de musique de St-Sauveur s’amusaient à faire des jeux de mots de très mauvais goût avec ça. (“Sais-tu comment te rappeler du tuning d’un ukulélé?” “Sodomise-là, hahaha, sol do mi la.“)
Bon tout ça pour dire…

  • Le ukulélé c’est toujours très drôle.
  • Ça look en sacrament.
Voilà les 10 raisons, bonne fin de soirée!

Cette fois-ci, ma chronique “Comment c’est fait” qui vous montre ce que j’utilises pour jouer et enregistrer mes chansons prend une allure à plus gros budget.

HERE COMES THE MOOG LITTLE PHATTY.

Closeup.

Description pour les geeks:

2 oscillateurs (+noise) VCO , un filtre 24dB qui fait que ça sonne FAT, enveloppes de volume et de filtre ASDF pas mal standard, et un LFO (modulateur).

Description pour les non-initiés:

WIIIZZZZ WIIIZ WOOB WOOB PTTIOOOUUUUU ZZIIIAAOWW

Bref, c’est un synthétiseur analogique (le signal est électrique, et non digital) qui peut faire une note à la fois. Les claviers Moog en particulier on toujours été réputés pour avoir un son très crémeux et gras.

Ce qui fait que dans le contexte de mon éclatante et achevée carrière musicale, mon Moog Little Phatty sert beaucoup pour le son de bass. Mais pas seulement ça non plus, car je lui dois aussi tout plein de trucs inimaginables, dont le fameux son de lead dans Ghost. Récemment j’ai enregistré une chanson où il joue le rôle de bruits d’oiseaux et de corneilles… vous entendrez ça un jour.

Next up, moi gossant avec le dit objet. (Notez que je n’entendais aucunement ce que je faisais, va falloir que j’améliore mon setup de vidéo)

Je pourrais profiter de cette colonne pour parler de l’éternel débat de l’émulation par ordinateur VS la vraie patente, qui fait rage partout dans le monde des studios de musique, mais aussi dans le monde des synthétiseurs. Mon avis, très personnel, c’est que l’avantage d’avoir le vrai objet est que ça ne prend même pas 10 secondes à démarrer, et je fais déjà pleins de bruits avec, tandis qu’un plug-in sur ordinateur c’est autre chose. Tweaker des sons avec une souris ça me fait pas tripper, et sinon il faut charger un logiciel, se battre avec des fils MIDIs, et mapper notre clavier MIDI aux contrôles. Après quelques essais, j’en avais déjà marre.

Sinon, pour le son lui-même, eh bien de nos jours je pense que la qualité du son est indifférenciable entre analogique et numérique grace aux algorithmes modernes. Et si différence il y a, ce n’est pas vraiment quelque chose qui fait que ça soit pire, mais seulement différent.

Pour conclure, à cause du son vraiment très chaud du Moog Little Phatty et de sa facilité et plaisir d’utilisation inégalés, je n’aurais pas de problème à me départir de tous mes autres claviers pour ne garder que celui-là. Pour vrai là. C’est pourquoi c’est celui que je traîne avec moi dans mes shows.

C’est mon ami, le petit gros.

Dans le cadre de l’exposition Hydres de Guillaume Adjutor Provost, j’ai réalisé la trame sonore du film présenté à l’entrée vidéo de l’Oeil de Poisson (et qui finalement est la trame sonore de l’expo au complet!)

Comme le décrit Guillaume dans cet article sur Cyberpresse, quand la caméra était proche, ça causait des sortes de glitchs dans le vidéo. La trame sonore devait refléter ça, et pour y parvenir j’ai utilisé des échantillonnages de foules et de conversations indistinctes.

Après avoir récolté des enregistrements dans divers lieux publics sur mon enregistreur portatif, je devais faire le montage.

Au final, j’ai utilisé plus de 500 échantillonnages pour toute la durée du vidéo. C’est avec des yeux plein de sangs que j’ai monté ces sons de voix durant quelques jours… et nuits.

L’exposition Hydres est présentement en cours à l’Oeil de Poisson, jusqu’au 19 juin.

Cette fois ci, je vous parle de ma guitare électrique.

Loin d’être collectionneur de guitares ou quoi que ce soit, la guitare électrique est un bon outil pour faire plein d’affaires. On sait ce que c’est, à mon avis pas besoin d’extrait audio cette fois ci.

Bon.

Mais à chaque fois que quelqu’un me voit jouer de la guitare (exemple), j’entends l’exclamation suivante: “MAIS SIMON, TU JOUES GAUCHER!” À cela, je réponds: “Oui mon enfant, et par surcroît je fais cela sur une guitare droitière.”

L’histoire c’est qu’étant jeune, ma chère maman fut munie pendant un certain temps d’une guitare droitière. Moi, gaucher de la guitare, j’eu vite fait d’apprendre à jouer à l’envers. Gaucher sur une guitare droitière.

Maintenant, j’apprends tous mes instruments à cordes à l’envers. Ukulélé, banjo, name it. C’est pratique car je peux jouer sur les instruments de tout le monde. Mais pour la guitare électrique, elles ont souvent des boutons et des cutaways (le trou dans la guitare qui permet d’aller plus loin sur le manche), ce qui m’empêche d’en jouer librement.

Je vous présente donc ma guitare électrique personnalisée, qui me permet de jouer gaucher avec les cordes dans l’ordre d’un droitier. Une Godin Exit-22.

Cette guitare a été remontée selon mon idée fucked up par Sonothèque, magasin de musique de Rivière-du-Loup. Le gars se nomme Kevin mais j’oublie son nom de famille.

En vous approchant de l’écran vous constaterez que les cordes sont à l’envers (!). Ce qui fait que la grosse est en bas et la petite est en haut. Ou le contraire? Aaaah je suis tout mêlé. Tant que je me comprends.

Et je fais mon Sol majeur avec mon pouce.

Voici le 2e article qui révèle comment j’enregistre mes chansons. Après vous avoir montré un drum-machine des années 80s, on reste dans cette décénie incroyablement technologique avec le Casio SK-1!

D’abord un peu de Gear Porn:

Le Casio SK-1 a été mis sur le marché en 1985. Mais qu’est-ce que ça peut bien faire ce truc? DE LA MAGIE!

D’abord, il y a des sons pré-enregistrés.  Ça c’est bien. J’ai d’ailleurs beaucoup utilisé le piano, qu’on entend très clairement au début de mes chansons Dorchester (Sun Grass Room Street) et No Wrong (Cinnamon EP). J’ai aussi utilisé le son nommé “Human Voice” dans Festival (Sun Grass Room Street). Et pour ceux qui s’y connaissent: il y a même des options de portamento et de vibrato.

Ensuite, il y a des beats. Je ne les ai pas utilisé personnellement dans mes pièces. Sauf que plein de monde l’ont fait.

Chad VaanGalen dans TMNT Mask.

Le band Holy Fuck un peu partout comme au début de PIGS. Pas vraiment surprenant de leur part considérant leur setup rempli de vieux casios.

La jeune chanteuse Jade dans la chanson Rêve de papier… (oups c’est moi qui a réalisé cet album là!)

Mais ce qui est MALADE, c’est la fonction Sampling. Vous n’avez pas vécu tant que vous n’avez pas expérimenté une soirée avec des bières (ou whatever), et un Casio SK-1!

L’idée, c’est que ce petit clavier à l’apparence d’un jouet vous permet d’enregistrer avec un bouton n’importe quel son dans le petit micro intégré, et ensuite il se “mappe” automatiquement sur toutes les notes du clavier. INTENSE! Vous pouvez dire n’importe quelle niaiserie et le Casio ne censure même pas!

Exemple audio:

 

J’ai utilisé cette technique pour le son de clavier qui débute la chanson Lost In Heaven (Sun Grass Room Street). Eh oui!

Finalement, parce que je suis geek, regardez ce vidéo (classique) de Portishead live à NYC, où on y décèle l’objet sur le dessus des claviers.

Et je vous laisse sur la publicité de 1985 du Casio-SK1. Notez la virtuosité du gars.